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Fragments – Volume I


© Robert Etcheverry, Interprète : Catherine Viau.

Danse Danse présentait Fragments – Volume I du chorégraphe Sylvain Émard. Une œuvre marquante, où la créativité du chorégraphe est portée par quatre artistes magnifiques. Fragments – Volume I se veut un collage de courtes pièces, trois solos et un duo, et dépeint l’état d’urgence de ses quatre interprètes, soit trois danseurs et une comédienne.


© Robert Etcheverry. Interprète : Monique Miller.

L’œuvre s’ouvre sur un solo de Manuel Roque. L’artiste est présenté à l’envers sur une chaise, sous une lumière saisissante, agressive et avec une musique qui cadre parfaitement avec l’ambiance du solo qui va suivre. Peu à peu, en parfait contrôle de ses mouvements, l’artiste s’exécute avec précision. J’ai ressenti immédiatement un malaise et une incompréhension, accentués par l’environnement qu’habite Manuel Roque. Le solo parfaitement exécuté pose les bases de ce qui va suivre.

On poursuit avec le solo captivant et saisissant de Catherine Viau. En parfaite maîtrise de ses mouvements, elle nous  captive par ses mouvements imprévisibles, mais également par l’interprétation qu’elle livre à travers le corps qui l’habite, cet état qu’elle tente de vaincre. Assis tout près de la scène, j’ai ressenti l’angoisse et l’urgence qui l’habitait. La précision de ses mouvements et l’espace qu’elle occupe parfaitement ajoutent à ce solo, que j’aurais voulu sans fin.

Puis c’est le solo de Monique Miller, grande interprète du théâtre. Dans ce segment, elle avait l’air perdue, à la recherche de quelque chose de tangible, de familier. Plutôt minimaliste, elle occupe cependant l’espace avec une grande présence, ressentie dans ses moindres détails, ce qui lui permet d’habiter la scène et de me faire entrer dans son état d’urgence. De ses gestes minimes, mais bien sentis, elle est venue me chercher par son regard sans fond, perdu au loin. Des images marquantes et puissantes.


Photo © Robert Etcheverry. Interprètes : Laurence Ramsay, Manuel Roque.

Fragment s– Volume I se termine par le duo de Laurence Ramsay et Manuel Roque. Un duo tout  en puissance, qui se déchire et se rapproche, tantôt dominé, tantôt dominant. Je suis resté cloué à mon fauteuil tout au long de leur prestation, admirant leur présence, leur immense talent et la maîtrise de leur corps. Lumière et trame sonore soutiennent la qualité de leur duo, imprègnent l’atmosphère et nous entraînent. J’en redemanderais. Des images fortes, une complicité ressentie.

Sylvain Émard m’a sorti de ma zone de confort : j’assistais, témoin, à la naissance de quatre univers distincts, mais liés à cet état d’urgence. Sylvain Émard a construit une œuvre à la hauteur du talent de chacun de ses interprètes, et c’est ce qui ressort de chaque tableau. Je me sentais englouti dans cet univers; les quatre tableaux étaient tout simplement captivants par la qualité d’exécution, mais aussi du fait de la scène que chacun des interprètes a su brillamment utiliser. La trame sonore, la scène épurée et le jeu de lumière ajoutent à la complexité des genres. À travers la vision de ce chorégraphe, les artistes ont su rendre crédible le mal qui les habitait, si complexe et abstrait soit-il, grâce à la précision de leur exécution, au contrôle de leur corps et à la qualité de leur interprétation. J’en suis sorti remué et songeur, profondément marqué par le talent des quatre artistes, par des images puissantes et saisissantes, et ce, dans les quatre tableaux. Tout simplement magnifique. À voir.

Volume I sur la route

La sortie du Volume II est prévue pour 2012-2013.

Catégorie : Arts de la scène

Dernier droit pour les Matinées du film sur l’art au MBAM

La programmation des Matinées du film sur l’art, compilation des meilleurs films du dernier Festival International du Film sur l’Art (FIFA 29), bouclera son cycle dimanche prochain avec la présentation de deux films mettant à l’honneur la bande dessinée et l’architecture, deux disciplines que j’apprécie particulièrement!

Nous avons DEUX paires de billets à faire tirer pour dimanche. Pour participer, remplissez ce formulaire.

En première partie de ce programme double, qui se déroule au Musée des beaux-arts de Montréal, dès 14 h:

JOANN SFAR (DESSINS) – 44 min.

Prix de la création au dernier FIFA, parrainé par l’Office national du film du Canada, ce film fascinant, teinté d’humour noir, nous plonge dans l’univers créatif de l’auteur du Chat du Rabbin, Joann Sfar, conteur intarissable et figure emblématique de la « nouvelle bande dessinée »! Sfar est un dessinateur prolifique dont la célèbre BD (Le Chat du Rabbin) vient d’être portée à l’écran!

Cette série raconte l’histoire d’un félin vivant dans l’Alger du début du XXe siècle, qui acquiert le don de la parole après avoir dévoré le perroquet de la maison…

En deuxième partie, le film: ANTWERP CENTRAL STATION – 90 min.

Grand prix de la création à la 29e édition du FIFA, Antwerp Central Station nous offre un gros plan sur la gare centrale d’Anvers, considérée par plusieurs comme la construction du genre la plus belle du monde! Pour la liste complète de tous les lauréats du dernier FIFA, consultez cet hyperlien et ajoutez-le à vos signets. Un tas de films passionnants sur l’art et ses créateurs vous attend au détour!

MISE À JOUR – 10 FOIS DIX

« Je serai honni ou célèbre. » - Otto Dix

Il nous fait grand plaisir de vous annoncer dans la foulée, la sortie en salle de l’excellent film 10 fois Dix, un portrait d’Otto Dix, réalisé par Jennifer Alleyn, lauréat du Prix tremplin pour le monde ARTV. Jennifer fait aussi partie des artistes collaborant à la plus récente exposition du Musée des beaux arts de Montréal: Big Bang.

Ten times Dix (Trailer) from Jennifer Alleyn on Vimeo.

10 fois Dix joue au Cinéma Beaubien du 4 au 10 novembre.

Catégorie : Cinéma

Première mondiale de POW WOW

Une ravissante femme vêtue de blanc semblant sortir tout droit d’une toile de Tamara de Lempicka nous accueille à l’entrée de la salle. Sa figure élégante jonche le sol telle une sculpture sophistiquée et dispendieuse, ses jambes sous sa robe courte sont prolongées par deux adorables escarpins rouges. La boule de cristal qu’elle tient dans sa main fait écho à la sphère translucide et démesurée qui gît immobile à ses pieds. Son visage voilé est couvert d’un rideau de perles qui dissimule tant bien que mal le fait que son regard est tourné vers le sol.

Son attente fait écho à notre curiosité, attise notre voyeurisme.

Tout dans ce premier préambule de Pow Wow, minutieusement mis en scène par Dany Desjardins, dégage une nette impression de soumission. La docilité de cette femme superbe s’offrant à nous, à nos regards convergents, nous captive.

Sans crier gare, le corps immobile de la femme s’active, s’anime d’une énergie féline, entraînant avec elle la sphère qui quelques secondes plus tard finira sa course aux pieds des spectateurs. Dans la première rangée, les jeux d’optique piègent le reflet de la femme au centre de la sphère, tel le corps des femmes piégés dans l’espace exigu de l’histoire en mouvement. Beau clin d’œil.

Cette séquence n’est pas sans rappeler une scène célèbre du 7e art qui augure, tel un motif emblématique du médium en mouvement réinventé, la rupture dans la convention des points de vue.

Le rituel symbolique qui s’en suit conduit au cœur d’un parcours initiatique où le rythme est le fil d’Arianne qui permet aux quatre interprètes d’expérience et en pleine possession de leurs moyens de s’émanciper et de se frayer un chemin commun dans cette brève histoire de la danse urbaine et de la féminité à laquelle nous convie Desjardins. La réhabilitation de la danse urbaine comme empreinte et document vivant de notre époque semble le motif en filigrane.

L’ÉVEIL DES SENS


Isabelle Arcand (lumineuse), Geneviève Boulet (intimiste), Claudine Hébert (transcendante) et Esther Rousseau-Morin (mystique).

Au fil des métamorphoses successives que vivront sur scène les protagonistes, les différents styles musicaux (soul, new wave, hip hop, house, trip hop) et les disciplines corporelles qui leur sont associées (jacking, waacking, voguing, popping, stomping, krumping) feront avancer l’intrigue vers son dénouement mystique: l’émancipation et la célébration du corps féminin, véhicule sacré aux pouvoirs surnaturels, force intarissable de vie et d’entropie, soumisse toutefois aux diktats de la perception.

Les quatre danseuses de formation contemporaine s’offriront totalement à nous au fil des divers tableaux narratifs, jouant à la perfection et jusqu’à l’épuisement leurs rôles de vestales plongées, corps et âmes, dans la transe et les rites mystiques de la corporalité. Guidées instinctivement par leur sensualité, originales par leur volonté de revenir aux origines, ces femmes n’hésiteront pas une seconde à se délester des traces laissées par l’histoire sur leurs corps (perles, bustiers, masques, robes, ceintures de chasteté), à régresser jusqu’au point de départ du culte millénaire et libérateur que constitue la danse.

Le spectateur appréciera l’audace et l’originalité de l’exercice, la conviction totale des interprètes, ainsi que la vision très aboutie d’un auteur dont le pari était de donner un break au spectateur, de détourner les codes et de revenir aux sources fondamentales de la danse: musique, communion, extase, émancipation des corps et des sens.

Pow Wow, de Dany Desjardins est à l’affiche jusqu’au 29 octobre au Théâtre La Chapelle.

Crédits photos: Marquis Montes

 

Catégorie : Arts de la scène

Philippe Falardeau présente son Monsieur Lazhar

Après avoir clos la 40e édition du Festival du nouveau cinéma, le film Monsieur Lazhar prend l’affiche dans tout le Québec dès le 28 octobre 2011.

Avec ses nombreux prix remportés au Festival du film de Hambourg, au Festival international du film francophone (FIFF) de Namur, au Festival international du film de Toronto et au Festival de Locarno, je peux voir dans ma boule de cristal que ce film aura une belle et longue carrière en salle et dans le cœur des cinéphiles!

J’ai eu la chance d’assister à une projection spéciale lors d’une soirée au bénéfice de la Cinémathèque québécoise. Après le visionnement, Marie-Thérèse Fortin a dirigé une discussion autour de la pièce qui a inspiré le film et du film lui-même en présence du réalisateur Philippe Falardeau, de l’auteure Évelyne de la Chenelière et du metteur en scène Daniel Brière. Une conversation en toute simplicité, instructive et inspirante. Une porte ouverte sur le processus de création.

Quel extraordinaire exercice que celui de l’adaptation. J’ai réalisé avec ironie que cette rencontre de 45 minutes avait été plus éclairante que mon cours universitaire de 45 heures sur l’adaptation littéraire au cinéma (sans rancune, cher professeur dont j’ai oublié le nom!).

Voici en quelques lignes l’histoire de Monsieur Lazhar.

Après avoir pris connaissance de la mort subite et dramatique d’une enseignante dans une école primaire, un réfugié algérien nommé Bachir Lazhar (interprété par Fellag) frappe à la porte de l’école en question et offre ses services à titre de remplaçant. Il est rapidement embauché et, s’il doit jongler avec le choc des cultures, il se retrouve confronté à une classe troublée. Tranquillement, des liens se créent et, pendant que la classe amorce un processus de guérison, personne à l’école ne soupçonne le passé douloureux de Bachir, qui risque l’expulsion du pays à tout moment.

La pièce est écrite sous forme de monologue. Pourtant, Évelyne de la Chenelière a su manipuler les mots et les phrases, de telle sorte que Bachir, seul sur scène, répond constamment à des personnages « imaginaires » : une directrice, une collègue ou ses élèves. Je n’ai pas vu la pièce sur scène, mais je l’ai lue. À la simple lecture, la présence des autres personnages est palpable.

« Bonjour, madame la directrice. C’est gentil à vous de me recevoir… Merci. (Il s’assoit, la chaise est très loin du bureau.) Non, je ne suis pas le parent d’aucun élève. Je ne suis pas un parent d’élève. Je m’appelle Bachir Lazhar et je viens pour le poste de remplaçant. »
(Bachir Lazhar, Évelyne de la Chenelière, Édition Leméac, p. 16)

Cet extrait est pratiquement littéralement transposé dans le film. Philippe Falardeau a donné vie aux personnages évoqués dans le texte. La directrice est en chair et en os et ses réactions/questions correspondent à celles suggérées par les réponses de Bachir dans la pièce.

Le texte d’Évelyne de la Chenelière n’a pu être transposé entièrement de cette manière. Chaque médium possède ses caractéristiques. La force d’une bonne adaptation est de traduire une évocation théâtrale en dialogue, des mots en images ou donner de l’ampleur à des personnages, comme c’est le cas des jeunes Alice et Simon, qui dans la pièce, même s’ils ont une certaine importance sont très peu présents, alors qu’ils sont centraux dans le film.

Philippe Falardeau explique qu’il a, et je paraphrase, pris différentes idées émises dans un monologue et les a disséminées à plusieurs endroits dans le film. Par exemple, dans la pièce, Bachir affirme précisément (avec des mots!) ses difficultés à s’adapter au système scolaire québécois et à sa culture. Dans le film, le réalisateur a décidé de représenter ces idées par des images : Bachir en train de lire de la littérature québécoise ou en train de lire les objectifs de la réforme scolaire.

Ce travail de transposition subtil et délicat ne se fait pas sans risquer de diluer l’identité du personnage au profit des autres personnages ou encore d’un scénario devenu complexe. Combien d’adaptations de grands classiques de la littérature se sont faites au grand dam des lecteurs, parce que les personnages avaient perdu de leur couleur et de leur profondeur? (je n’évoque même pas ici la toute récente et énième adaptation des Trois Mousquetaires en 3D…) Dans le cas qui nous concerne ici, l’auteure de la pièce a travaillé avec Philippe Falardeau pour garder l’essence du personnage. À titre de « gardienne de l’intégrité de son personnage », elle a été une des premières lectrices et a conseillé Falardeau à chacune des versions du scénario.

Certes, je ne vous ai pas parlé ici de la beauté des images, sobres à la lumière naturelle, de la justesse des acteurs, du commentaire critique social du réalisateur de La moitié gauche du frigo alors qu’il évoque les limites de la réforme scolaire, ou encore du charme de la direction artistique qui m’a permis de retourner en enfance, retrouvant les couloirs de mon école primaire et ses murs colorés par de joyeux bricolages. Je suis convaincue que tous les articles qui paraîtront dans les prochains jours en feront état.

Sans être parfait, le film est définitivement une adaptation réussie. Voilà une occasion de porter attention au travail d’Évelyne de la Chenelière, une de nos grandes auteures, et de revoir les films de Philippe Falardeau : La moitié gauche du frigo, Congorama et C’est pas moi je le jure (une adaptation des romans C’est pas moi, je le jure! et Alice court avec René de Bruno Hébert).

Monsieur Lazhar représente le Canada en vue de la sélection des longs métrages qui figureront dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère aux Oscars. Sera-t-il parmi les cinq finalistes?

Les paris sont ouverts!

http://www.monsieurlazhar.com

Catégorie : Cinéma, Culture

Babel (words)

Danse Danse lançait en fin de semaine sa programmation 2011-2012 avec le spectacle Babel (words), des chorégraphes Sidi Labri Cherkaoui et Damien Jalet. Sur scène, 18 danseurs, un espace épuré, des prismes métalliques en trois dimensions et des musiciens discrètement placés derrière un rideau.

D’entrée de jeu, se présente un mannequin futuriste, grande femme blonde, mince, à la voix robotique, usant de gestes afin de se faire comprendre. Par la suite, on assiste au défilé de 18 danseurs, provenant de 13 pays, qui s’exécuteront avec brio et vigueur tout au long du spectacle sur une musique combinant adroitement styles de musique orientaux (percussions japonaises, rythmes de l’Inde) et occidentaux. L’entrée donne le ton au spectacle, où alignés au fond de la scène, les danseurs délimitent leur territoire, leur espace de narration.

Sur scène, les chorégraphes ont su mettre en avant-plan la force et le talent de leurs interprètes, jouant habilement avec le style et l’identité culturelle de chacun d’entre eux . La volonté des danseurs de ne faire qu’un avec la troupe nous rappelle un temps où l’unité régnait, une ère avant l’effondrement de la Tour de Babel. On nous offre un bref répit avant de nous plonger dans le chaos, un chaos proprement illustré par les unités métalliques, les interprètes eux-mêmes, mais également à la musique.

Peu à peu, les prismes investissent l’espace et s’intègrent aux danseurs pour donner vie à des formes sociales en mouvement. Les chorégraphes exploiteront de manière évocatrice ces accessoires à usages divers (carrousel, couloir d’aéroport, ring de boxe) au travers des différents tableaux. J’ai été surpris de voir, au rythme de chaque son de cloche, les danseurs les manipuler, les tournoyer et les déplacer habilement, afin de former plus tard une tour, leur tour de Babel.

Mon moment fort de la soirée fût le prisme représentant un moyen de transport à l’intérieur duquel prirent place tour à tour les danseurs, entraîné par ces derniers sur la scène, soutenu par la voix saisissante d’une interprète, qui, à son tour, disparu dans la masse à l’intérieur du polyèdre. Un moment fort, acclamé par les spectateurs, où le chaos, tantôt intense tantôt évanescent, semblait amplifié par l’exiguïté de l’espace partagée entre les différentes cultures, les différentes nations représentées par les 18 danseurs.

Les chorégraphes ont su combler l’épuration de l’espace en utilisant leurs danseurs comme des objets. Par exemple, lorsque l’un des danseurs apparaît en coup de vent sur la scène pour se métamorphoser en aigle (ailes formées par les danseurs) et terminer son envolée assis sur un trône (formé également par les danseurs). Dans cette séquence qui culmine dans la cacophonie, tour à tour, chacun des interprètes nous vante les mérites de leur langue, même un Québécois (Francis Ducharme, impeccable) dont le blasphème viendra briser la chamaille verbale qui se transmute par la suite en grande bataille au ralenti! Une séquence à nous clouer sur la chaise!

Malgré une durée (1h40) qui comportait certaines longueurs, je suis ressorti de cette performance comblé par l’ingéniosité de la mise en scène, la qualité des danseurs et de la musique; dimension parfaitement adaptée aux besoins narratifs des divers tableaux.

Babel (words), m’a à la fois séduit et éblouit, tant par la finesse que l’intelligence de ses tableaux et chorégraphies fusionnant avec brio le chaos et l’harmonie, célébrant l’effort soutenu de 18 danseurs talentueux. Marquant.

Catégorie : Arts de la scène
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